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Récits d'esclaves, carnets de bord de capitaines et lettres d'armateurs forment la trame d'une histoire de l'esclavage et donnent vie aux destins de Yanka et Toriki, nés libres dans un village du Golfe de Guinée.

Avec la 27e édition des journées cinématographiques de Carthage, Tunis sera la capitale du cinéma africain. Le Sénégal y sera représenté par trois de ses fils dont Moussa Touré et Rama Thiaw.

 

Du 28 octobre au 5 novembre prochains, la capitale tunisienne abritera la 27e édition des journées cinématographiques de Carthage. Elles constituent, avec le festival panafricain du cinéma et de l’audiovisuel de Ouagadougou (Fespaco) les plus grandes rencontres cinématographiques du continent. Pour la présente édition, des films des réalisateurs Rama Thiaw et Moussa Touré figurent sur la liste de la compétition officielle dans la catégorie long-métrage. L’ancien Tanit D’or, grâce à son film ‘’La Pirogue’’, y présente ‘’Bois d’Ebène’’. Un documentaire financé par France 2 et tourné ici au Sénégal précisément à Dionewar. D’ailleurs, Cheikhou Guèye alias Sanex tient un rôle dans ce docu-fiction de 52 minutes qui parle de l’esclavage. En effet, ‘’Bois d’Ébène est un documentaire fiction sur la traite des Africains, l’esclavage et l’abolitionnisme dans la première moitié du 19ème siècle qui a vu la traite redoubler d’intensité en même temps que montaient les idées abolitionnistes.

Le film est structuré autour du déroulement du commerce triangulaire. Il raconte une expédition de traite au début du 19ème siècle entre Nantes, Ouidah (au Bénin, appelé Juda à l’époque), la Guadeloupe et Nantes, mais pas de manière strictement linéaire’’, lit-on sur la fiche de présentation du film. ‘’Nous faisons des allers-retours entre l’itinéraire du navire négrier et Nantes où le commerce de produit des colonies bat son plein. Les Armateurs se tenaient au courant de l’avancée des opérations et ne cessaient d’adresser des consignes aux Capitaines par l’échange de courrier entre navires’’, renseigne la note.

‘’La révolution du 23 juin’’

Le deuxième film en compétition, toujours dans la catégorie long-métrage, est ‘’The révolution won’t be televised’’ de Rama Thiaw. Montré en avant-première mondiale à la dernière édition de la Berlinale, il a été bien accueilli par le public et les jurys. ‘’Dans les années 80, le Sénégal est un pays dominé par un régime autocratique à peine nommé. L’homme qui se dressa contre ce régime fut Me Abdoulaye Wade, en voulant instaurer le libéralisme politique. Pourtant arrivé au pouvoir, ce héros devint rapidement pire que son prédécesseur. Mon film débute le 17 janvier 2012, en fin de campagne législative sénégalaise, soit 12 ans après l’élection à la présidence de Me Wade’’, explique son auteur.

‘’À cette même période, Thiat et Kilifeu, membres du groupe Keur Gui, décident de réagir là où l’opposition a failli. Ils se mobilisent et créent avec d’autres amis musiciens, artistes et journalistes, le collectif apolitique et pacifique, Y en a marre. Ils organisent des marches et des manifestations pour que le Conseil constitutionnel invalide la candidature du Président sortant. La mobilisation qu’ils créent est sans précédent. L’opposition sort de sa torpeur et rejoint les jeunes du collectif. Unis sous la bannière du M23, ils font front, face à l’ancien homme de Droit qui essaye d’usurper la démocratie aux 11 millions de Sénégalais. Dans cette atmosphère de révolution, je filme, en cinéma direct, Thiat et Kilifeu, les deux protagonistes de cette insurrection citoyenne’’. Ainsi pourrait être résumée l’histoire que conte la jeune réalisatrice sénégalaise.  En effet, son film tourne autour des ‘’menaces et intimidations, allers-retours en prison’’, de ces musiciens qu’elle a choisi de suivre.

Mais pas que cela. ‘’Loin de rester uniquement sur les temps forts des actions, je veux comprendre la genèse d’un tel comportement ; aussi, je les filme au plus près de leur intimité. Tout au long de cette première partie du film, je donne à voir comment on vit une révolution au jour le jour avec tous les dangers, incertitudes et joies que cela engendre. Mais que se passe-t-il une fois que l’euphorie, d’un combat gagné pacifiquement, est passée ? Quel devenir, lorsqu’on est des artistes engagés tels que Thiat et Kilifeu ? Continue-t-on à chanter des textes engagés ou surfe-t-on sur la vague de la popularité ? Durant ce temps qui correspond à l’après révolution, je filme Thiat et Kilifeu dans la reformation de leur groupe musical. Car au-delà d’être des militants, ils sont d’abord des musiciens. Je les filme donc dans la phase de création des textes et compositions de leur prochain album, Encyclopédia, jusqu’à leur retour sur scène, en concert’’, expliquait-elle dans un entretien.

Par ailleurs, dans la catégorie court-métrage, est en compétition ‘’Marabout’’ d’Alassane Sy. Il est le seul film sénégalais dans ladite sélection.

Cette 27e édition coïncide avec le cinquantenaire de l’évènement et le comité d’organisation tient à le fêter et célébrer les différents ‘’Tanités D’or’’ dont les Sénégalais Moussa Touré avec ‘’La Pirogue’’ et Mansour Sora Wade grâce à son film ‘’Le prix du pardon’’ sorti en 2002. Il est également prévu dans le programme un hommage aux plus grands réalisateurs africains de ce cinquantenaire dont Sembène Ousmane et Souleymane Cissé.

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