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Imbue de valeurs sociales Awa Alessane Sow dite Awa Dembale  fait partie des femmes les plus influentes  et les populaires de par son baground  exceptionnel .Du développement à la politique en passant par le social Awa Alesane Sow est une pionnière de la vision mutualiste au djoloff .Pour faire découvrir cette grande militante du développement local nous sommes allés à sa rencontre .

Comment  vous êtes passée d’une  très jeune femme  anonyme à une grande  actrice  du développement local ?

En 1987  j’ai  regroupé  les jeunes filles de  mon âge  pour mettre sur pied une tontine .Celle qui perçoit son tour achète des effets vestimentaires et de toilette .Un jour un certain Yoro Sow est  venu  à notre  rescousse en  nous  donnant de l’argent qui nous servira de fond  de caisse .Derrière feue Djidé Midia Sow qui m’a mi à ses  cotés , mes amies et moi avions   mis sur pied notre premier groupement féminin  en 1987.Notre  récépissé en poche nous   sommes  parvenues à capter des financements. Un moulin  nous  a été octroyé en 1990 et    toute jeune  je faisais  partie du comité de gestion .Elle me vouait d’une confiance extrême c’est pourquoi je faisais presque tout à sa place. Malheureusement le moulin  s’est gâté  quelques temps après .L’année suivante  en 1991 l’ONG SAFEFOD   est venue  à Barkedji pour mener  des enquêtes .Le PCR d’alors Samba Bada Sow nous avait  mis en rapport avec cette organisation qui après avoir été informée  des bons résultats  que nous  avons obtenus a décidé de nous octroyer des financements .C’est ainsi que l’ONG nous a offert une classe d’alphabétisation .

Ensuite nous avons proposé à SAFEFOD  de créer une banque céréale qui avait pour mission   d’acheter des produits moins chers  et  de les revendre  pendant la période de soudure et de garder les bénéfices. Comme le projet était porteur l’ONG a accédé à notre demande en nous donnant des financements demandés .En 1985 Awa Dembale Spow a crée son propre jardin maraicher constitué d’arbres fruitiers et de légumes .Son rêve sera vite sera estompé  8 mois après à cause de la panne du forage de la localité intervenue .Pour résoudre la question de l’eau la gestion  du forage  m’ a été confiée .Très engagée je  n’ai  pas trouvé 10frs dans la caisse, je me suis  rendue au service départemental de l’hydraulique pour rencontrer le directeur d’alors Mr Dème .Pour dépanner le forage j’ai déboursé  la somme de 35000frs sur fonds propres .

Le comité de gestion du forage a bien travaillé que j’étais obligée d’ouvrir un compte à la poste de Linguère pour y loger les fonds .Et chaque fin du mois   je parvenais à payer le conducteur du forage  le gardien et assurer  l’entretien du moteur et les bénéfices tirés de la vente de l’eau sont gardés dans le compte du comité de gestion .Un jour un groupe de partenaires  originaires  de Danmark   est venu à Barkedji pour me rencontrer  en tant que présidente du comité de gestion du forage. Ils m’ont félicité de ma bonne gestion .Après 7 ans passés  à la tête de ce comité et les caisses renflouées les hommes se  bousculent pour me remplacer .Malheureusement on m’a retiré la gestion du forage et quelques temps après  à notre grande surprise le forage est tombé en panné et le compte vidé.

Quelles sont  vos responsabilités   dans le département et à  Barkedji ?

Au niveau départemental je suis trésorière générale  du conseil consultatif .Je dirige les femmes éleveurs de Brakedji qui comptent 38céllules de 30 personnes .Au niveau du département je suis également  la vice présidente du Directoire des femmes en élevage (DIRFEL).Après le décès deDjiba KA  qui fut la présidente j’assurais l’intérim .J’ai   travaillé  avec le PAFA EXTENSION en convoquant 3 groupements de 10 femmes chacun  et une trentaine de bergeries .Séduite par mon travail l’ONG ONIFAM est venue nous financer  pour une dizaine de poulaillers que j’ai par la suite remis à chaque cellule .Pour plus de  transparence chaque poulailler verse 500 frs tous les 15 jours .Pour diversifier nos activités  l’ONG nous a permis de créer un jardin maraicher qui regroupe les villages de la circonscription de Barkedji (Toung, Diagali, Yaralopé,).Pour accompagner le réseau des femmes et la mutuelle des femmes  le CELCIOPé  nous a permis d’ouvrir 30 comptes dans une mutuelle de la place.

A part l’élevage   qu’est ce que vous faites comme activité ?.

Je fais le commerce des vaches de qualité appélées   Bouseras,  du poisson , des tissus et des produits divers .J’ai deux boutiques à Barkedji .J’avais un télecentre mais aujourd’hui avec l’avènement des téléphones portables je l’ai fermé  .Chaque année je fais une opération  tabaski j’élève des moutons pour les revendre à Dakar et à l’intérieur du pays .J’emploie 03 personnes dans mes boutiques 03 bergers pour garder mon troupeau.

Quel est le rôle que vous avez joué dans la vie  politique du Djolof ?

En politique j’ai  fait mes débuts  au   parti socialiste. Etant   une jeune fille qui remettait un jour une calebasse en guise de cadeau à feu Daouda Sow lors d’une aminfestaion politique.Depuis ce jour le virus de la politique  m’a piqué. J’ai dirigé la délégation de Barkedji pour accueillir l’ancien président Abdou Diouf à Widou Thingoli dans la commune de Téssékré .J’étais sous la tutelle de mes responsables locaux Birassi Sow Dioubérou Sow Samba Bada Sow Adramé Sow  et Djidé  Sow .Au PS j’ai été élevée  au grade de l’ordre national du mérite .En 1998 à l’issue du congrès sans débat j’ai quitté le PS pour rejoindre l’URD de Djibo ka .En 2000 après la chute du régime socialiste Habib Sy m’a tendu la main pour l’aider à consolider le PDS à Linguère j’ai répondu favorablement à sa demande .

J’ai été  successivement nommée  présidente départementale des femmes libérales  et de l’arrondissement de Barkedji. En 2001 Adama Sow  et moi  avaient été investis  mais malheureusement   on a perdu les élections  devant Djibo Ka. En 2012 lorsque Wade a perdu le pouvoir Aly Ngouille m’a aussi demandé de l’épauler  ce que j’ai accepté sans aucune condition. En ce qui concerne les décorations j’ai été choisie comme femme modèle  par  l’équipe pédagogique du CEM de Barkedji.

Dans le domaine du social qu’est ce que vous aviez eu à faire ?

Mon père fut un grand « djarga » quand nous étions petits nous donnions le lait à nos voisins qui n’en disposaient pas. Ma boutique se trouve au garage de Barkedji et chaque fois  je n’hésite pas aider les étrangers  qui n’ont pas de maisons d’accueil à Barkedji  .Je viens souvent en aide à mes parents lors des cérémonies familiales .Aujourd’hui j’ ai aidé 30 femmes à bénéficier des bourses familiales.

Entretien réalisé par Doudou Thiane Senvisions.com

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