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Tahar Al Jaza’iri, un vétéran du jihad a été arrêté à Tombouctou, au mois de mars par les militaires français de l’opération Barkhane. Selon nordujournal.com qui donne l’information, l’Algérien a été remis aux autorités maliennes et se trouve actuellement dans une prison, à Bamako. Une grosse prise pour le Mali en raison de l’importance de cet individu dans le dispositif jihadiste dans le Sahel.

Il est certes mi-infirme, il a perdu l’usage de ses yeux et de ses mains, mais n’en demeure pas moins dangereux pour son expérience. Ancien du Groupe salafiste pour la Prédication et le combat des flancs duquel Al Qaida au Maghreb islamique a vu le jour, Tahar appelé aussi Moussa était un expert des explosifs. Décrit comme la “boite noire” d’Aqmi au Sahel, il était un proche de Yahya Abou El Hamama dit Djamel Okacha. Ce dernier était le chef de l’émirat du Sahara d’Aqmi. Il a été tué en mars dernier par l’armée française.

Certaines sources renseignent que c’est d’ailleurs au cours de cette opération dirigée contre le numéro deux d’alors du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) que Tahar Al Jaza’iri ainsi qu’un nommé Abou Dardar ont été arrêtés.

Transféré depuis à Bamako, cette matière grise qui a assisté à toutes les réunions d’Aqmi pour le Sahel intéresse beaucoup de services de renseignement de plusieurs pays même s’il se susurre que le prisonnier est pour l’heure muet comme une carpe.

Il n’empêche, faire parler cet homme reviendrait à déflorer une mine d ‘informations sur la franchise Sahalo-saharienne d’Al Qaida. Ce à quoi s’attellent les services maliens et leurs homologues de la sous-région. Les services sénégalais devraient-il dès lors être en reste ? La réponse à cette question doit être la négative.

Collaborateur du défunt émir de l’Emirat d’Aqmi du Sahara qui avait le Sénégal dans son viseur

Jugé pour actes de terrorisme par association de malfaiteurs, financement du terrorisme, le sénégalais Abdou Hakim Mbacké Bao a été condamné le 19 juillet 2018 par la Chambre criminelle du tribunal hors classe de Dakar à une peine de 15 ans de travaux forcés.

Il a reconnu avoir été recruté par Aqmi et qu’il a servi sous les ordres de Yahya Abou El Hamam alors que ce dernier était l’émir de la brigade Al Furqaan. Lors de ce procès très médiatisé, Bao n’a pas cherché à nier qu’il a eu une formation en maniement d’explosif. Mieux, l’accusé a reconnu avoir gardé trois otages pour Aqmi. Bao révélera au cours de cette audience que son chef l’a questionné sur une possibilité de commettre un attentat au Sénégal. C’est dire que le défunt émir de l’Emirat d’Aqmi du Sahara pensait à mettre un terme à la quiétude du pays de la Téranga.

Compte tenu de sa proximité avec Djamel Okacha, Tahar al Jaza’iri pourrait bien avoir des choses à dire aux services sénégalais engagés dans la lutte contre le terrorisme. Mais pas avant que leurs homologues maliens ne réussissent à lui tirer les vers du nez.

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