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Le mois de Ramadan a commencé au djoloff avec son lot de difficultés caractérisées par une forte chaleur  et  une  hausse du  prix des denrées comme l’oignon, la pomme de terre la viande, la glace et  le poisson. Les populations entre la conjoncture et le désir de tromper la faim à la coupure du jeun  sont obligées de suivre la loi du marché. Au même moment bouchers commerçants et éleveurs se frottent les mains.

 

En ce mois béni de Ramadan où les fidèles musulmans  observent le jeune sous une forte canicule avec des températures qui avoisineraient les 32 et 35°, nous avons effectué une promenade au marché hebdomadaire ce dimanche12 juin 2016  .Sur place nous avons remarqué que  le marché est bien approvisionné en légumes mais les prix connaissent une   montée vertigineuse. Par exemple  le  kg d’oignon qui coutait 225frs  se vend à 300frs selon Oumi Sarr une commerçante  trouvée assise en face de son étalage de sacs de légumes .Pour la pomme de terre le kg est passé de 300frs à 500frs .La hausse des prix de ces deux denrées est due essentiellement à cause d’une pénurie  enregistrée dans le marché local .Elle  a fait une commande depuis une semaine mais elle peine à recevoir sa livraison « je viens de Touba mais l’oignon et la pomme de terre sont presque introuvables  dans le marché ».Sa voisine  Khady Camara assise devant quelques sacs d’oignon parle d’un manque de pomme de terre sur le marché national .Elle demande à l’état d’autoriser  les importations de ces denrées sinon les populations risquent de connaitre de réels ennuis  pour le reste du mois de Ramadan  et la fête de Korité qui profile à l’horizon .Nous avons ensuite visité les tables des bouchers qui s’étalent à perte de vue  longeant la route nationale .Les bouchers  se frottent les mains .Ici le constat est le même .Les prix flambent d’une manière exponentielle .Le kg de la viande de bœuf qui coutait 2000frs est monté jusqu’à  2500frs pour celui du petit ruminant il passe de 2500frs à 3500frs nous renseigne un boucher  du nom de  Abou Fall  qui se plaint de la rareté des clients .La plupart des clients trouvés autour de ces tables des bouchers dénoncent la montée du kg de viande et  nous informent qu’ils sont obligés de se rabattre sur les poissons à cause de la conjoncture .Les bouchers pointent du doigt les éleveurs  qui vendent les animaux trop chers .Le  « bokaté » un phénomène mis en place par les ménagères qui se cotisent pour acheter un petit ruminant et se le partager  après la viande par tas. Au marché des petits ruminants  un nombre impressionnant de femmes ménagères le seau  en bandoulières se répartissent en groupes de 5 ,6 ou 7  .Avec la somme de 12000 ou 14000frs elles se tapent un bouc  ou un agneau  elles paient ensuite 400frs  à  un boucher   pour le dépeçage et après elles s’assoient autour de la viande pour faire le partage .Cette forme d’acheter de la viande est très fréquente au djoloff  surtout pendant ce mois béni. Au marché central le poisson qui vient  généralement de Mbour  ou de  Saint louis n’est pas à la portée de tout le monde en cette période de Ramadan .Si l’on en croit Mamadou Ngom vendeur de poisson «   généralement c’est le yaboye   qui est vendu ici car beaucoup de clients ne mettent pas le prix pour s’offrir du poisson de qualité autrement dit les gros poissons  » il ajoute  que   les mareyeurs ont réduit leurs charges c’est ce qui fait que le produit s’est fait un peu rare .Certains femmes  déshéritées  font recours au poisson séché ou fumé pour tromper la faim avec leurs familles  au moment de la coupure du jeun .La forte chaleur qui s’abat sur toute l’étendue du Djoloff affecte surtout les populations qui vivent en milieu rural. Dans les villages un sachet de glace qui coute en temps normal 75frs se vend actuellement  à 300frs .selon Aziz Mbaye un  apprenti chauffeur  que nous avons trouvé entrain d’installer une dizaine de cartons de glace  dans un « WOPOUYA »  nous informe que depuis le démarrage du mois de Ramadan il s’est reconverti en vendeur de glace dans les villages de même que beaucoup de gens qui font ce commerce juteux .Il  ajoute  que le matin des chauffeurs et certains commerçants appelés « bana bana »  passent dans les maisons pour  passer la commande en glace .Aux alentours de 17heures ils repassent pour récupérer le produit  en destination des villages où la demande est trop forte en ce moment à cause du manque d’électricité .Si certains personnes malgré ces difficultés évoquées ci -dessus observent le jeune pour respecter cette recommandation divine d’autres par contre brandissent l’alibi d’une maladie  pour se mettre à l’abri de la chaleur , de la faim et de la soif.

Doudou Thiane

Linguère

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