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La Banque mondiale, dans son rapport trimestriel Africa Pulse, place le Sénégal dans le lot des pays qui vont réaliser, en 2016, un taux de croissance de plus de 6%. Cette performance, le Sénégal la doit aux nombreuses réformes faites pour améliorer le climat des affaires et les investissements réalisés dans des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures.

Les autorités sénégalaises seront encore aux anges quand elles vont parcourir le rapport Africa Pulse de la Banque mondiale (BM) rendu public depuis hier. Malgré une prévision de baisse de croissance en Afrique attendue à 1,6% en 2016, le Sénégal fait partie des Etats qui vont sortir du lot. Le pays va poursuivre sa dynamique de 2015 où il avait connu une croissance de 6,5%. En 2016, la croissance est encore attendue à plus de 6% malgré une situation régionale pas favorable. La Banque mondiale indique dans son rapport que le Sénégal figure, avec la Côte d’Ivoire, dans le lot des ‘’économies les plus performantes du continent’’.

D’après l’économiste principale de la BM et par ailleurs auteur du rapport Africa Pulse, plusieurs facteurs expliquent cette performance du Sénégal. D’abord, il y a la baisse, au cours de ces dernières années, des coûts du pétrole. Ce qui a été profitable aux pays importateurs dont le Sénégal. Selon Punam Chuhan-Pole, cette situation a permis à de nombreux gouvernements ‘’d’entreprendre davantage d’investissements publics’’.

Ensuite, d’après toujours l’économiste principale de la Banque mondiale, ce qui a été le plus déterminant pour le Sénégal, ce sont les réformes entreprises pour renforcer l’investissement, l’énergie, les infrastructures. Le gouvernement du Sénégal, apprécie-t-elle, a aussi modernisé son climat des investissements en le rendant plus accueillant pour les entreprises. Il a aussi investi dans le capital humain et amélioré l’accès aux finances. ‘’Il y a eu de nombreuses réformes au Sénégal qui sont des facteurs déterminants de la croissance robuste que le pays connaît depuis quelques années’’, se félicite Punam Chuhan-Pole.

L’agriculture comme alternative

En outre, dans le rapport Africa Pulse, le Sénégal et le Kenya détiennent ‘’les meilleures notes en matière de gestion économique parmi les pays en progression en 2015’’. Quant à la Côte d’Ivoire, elle a ‘’la meilleure en gestion économique’’. ‘’Il ressort de notre analyse que les pays qui s’en sortent le mieux sont également ceux qui disposent d’un cadre de gestion macro-économique plus solide et d’une réglementation plus favorable  aux activités commerciales. Leurs exportations sont aussi plus diversifiées et leurs institutions plus efficaces’’, informe l’économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, Albert Zeufack, dans des propos rapportés dans le rapport Africa Pulse.

Toutefois, au moment où le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Rwanda, l’Éthiopie où la Tanzanie ont des taux de croissance de plus de 6%, les pays exportateurs de pétrole comme les deux géants d’Afrique que sont le Nigeria et l’Afrique du Sud subissent une croissance au ralenti. Cette contre-performance s’explique, d’après le rapport de la Banque mondiale, par les ‘’contrecoups de la chute des cours des matières premières’’. Cette baisse de la croissance pour les économies fortement tributaires des ressources pétrolières a un impact sur la moyenne de la croissance régionale. Selon cette institution de Bretton Woods, cette croissance qui est estimée à 1,6% en 2016, c’est-à-dire son niveau le plus bas depuis 20 ans, va connaître une petite augmentation en 2017 en passant à 2,9% pour atteindre 3,6% en 2018. Cependant, la BM conseille à ces pays pétroliers de ‘’s’adapter à des conditions de financement moins favorables et faire face aux incertitudes pesant sur leurs politiques économiques’’. L’autre alternative qui s’offre à ces pays, selon la BM, est d’augmenter leur productivité agricole pour diversifier leur économie.

Enquêt

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