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La situation linguistique est indescriptible et gênante au Sénégal. Le problème évoqué est sur toutes les lèvres. On aurait tendance à croire à un complot visant à faire disparaître toutes les autres langues nationales dont le Pulaar. D’aucuns évoquent une mort programmée de nos langues nationales dans les médias publics et privées. D’autres disent que le Sénégal vit à l’heure d’un génocide linguistique. Beaucoup de nos compatriotes ne comprennent pas cette situation tendue créée par le fait qu’une langue, en l’occurrence le wolof, est mise au-dessus des 5 autres langues nationales. Pourquoi devons-nous emprunter un chemin qui mènera tôt ou tard à des tensions communautaires ? Ne devrions-nous pas prendre des leçons sur des pays qui ont connu des tragédies et éviter des pièges sur lesquels ils sont malheureusement tombés ? Enfin quelle serait la solution dans ce contexte où les puissances étrangères tapies dans l’ombre nous poussent vers un avenir incertain ?

La réalité sur le terrain

La langue Pulaar n’a droit tout au plus qu’à 12 minutes de temps d’antenne par jour à la télévision nationale. Ensuite viennent les 4 autres langues nationales (le Sérère, le Soninké, le Diola, etc…) qui auraient sensiblement le même traitement. Le Wolof et le Français accaparent tout le temps restant. C’est un déshonneur et une humiliation aux autres communautés linguistiques : les fulɓe, par exemple, qui représentent plus de 30 % de la population sénégalaise et à qui cette société d’état a octroyé moins de 2% de temps d’antenne. Cette dernière est notre patrimoine national, appartenant de facto à tous les sénégalais et à toutes les sénégalaises sans distinction de race ou de religion. Tous les groupes ethniques ont droit à l’information et au divertissement qu’elle est censée diffuser dans leurs langues maternelles ou celles de leur préférence afin de renforcer leur sentiment d’appartenance à leur pays.

L’exclusion des autres langues nationales dont le Pulaar est encore plus catastrophique dans les médias privés (chaines de télévision, radios et journaux). On devrait offrir aux autres langues nationales au moins 12 heures de temps d’antenne par semaine ne serait-ce que par équité ou par respect du bon voisinage entre sénégalais de différentes sensibilités sociales. Beaucoup de pays fonctionnent ainsi. Les arabes d’ISRAEL ont leurs propres médias et leurs écoles qui fonctionnent en arabe. C’est le cas à Haïfa et à Tel- Aviv. Les autres communautés comme les anglais, les russes et les français y vivent une parfaite intégration linguistique.

Dans notre pays, le Pulaar est quand même présent à la 2STV, une télévision privée. Nous les remercions. Quand un de mes amis de Dahra-Djoloff m’appelle au Canada pour me dire qu’il y avait une émission en Pulaar qui passe dans une chaine de télévision de la place, cela signifie que le fait est rare ou spécial et que ça ne se passe pas tous les jours. Ceci montre effectivement la faible fréquence des diffusions en Pulaar dans notre pays. D’ailleurs ceux qui parlent d’embargo sur le FULFULDE (langue Pulaar) au Sénégal n’ont pas tort.

La solution

Nous lançons un appel pressant au directeur de la chaine de la RTS 1 afin d’adopter une politique communicationnelle inclusive et non d’exclusion à l’égard de beaucoup de nos langues nationales. Nous lui demandons de mettre immédiatement fin à la discrimination de la langue Pulaar majoritaire en Afrique de l’Ouest. C’est indécent d’affecter 12 minutes de temps d’antenne à la langue Pulaar alors que les Peuls représentent plus de 30% de la population sénégalaise.  Nous réclamons ce qui nous est dû, c’est- à- dire un minimum de 30% de temps d’antenne du total.

Gondiel Ka

Secrétaire administratif

Kisal Deeyirde Pulaagu

Montréal Canada

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